Bernaches du Canada, photo: © Pascale Piché

Le carnet de Mado

2006-12-11  Retour sur la conférence du 21 novembre : "Les perroquets" par Jean-Luc Robichaud accompagné de Lise Vaillancourt

Les vedettes de la soirée ont de la voix : les blancs (Cacotoès Alba), Flocon et Bibi ; les verts (Poicéphalus Jardine et Pionus à tête bleue), Maya et Jade ; les gris (Gris d’Afrique), Aîcha et Caruso. Pendant la soirée, un des Cacatoès Alba se comporte comme un chat, abandonné sur le dos dans les bras de Lise, et joue avec une corde tout en lui faisant la causette ! Cinquante personnes assistent à la conférence et la tête de certains participants semble appréciée par nos oiseaux qui s’y posent avec entrain.

Les perroquets sont des êtres très complexes : mêmes neurotransmetteurs que l’humain, grande intelligence, très empathiques ils peuvent développer les mêmes maladies physiques ou psychiques qu’un humain stressé. Ils doivent donc être éduqués. Ils sont des animaux sauvages mais ont des étapes de croissance et des comportements tout comme les enfants. Leur nature sauvage fait qu’ils ne considèrent pas l’humain comme une autorité, à l’inverse des chiens et des chats, mais plutôt comme un égal. De forts instincts de base sont programmés en eux. Les problèmes surgissent lorsque ces instincts ne sont pas respectés.

Pouvez-vous imaginer toutes les astuces qui doivent être déployées pour corriger les problèmes de comportement et éduquer aux bonnes manières tout en ne brimant pas leurs instincts fondamentaux ?

Instinct grégaire

Dans la nature les perroquets vivent dans un groupe qui peut comporter jusqu’à une centaine d’individus et le nombre est synonyme de leur sécurité. En captivité, un perroquet seul perçoit une condamnation à mort car il est devenu une proie que le groupe ne protège plus ; il est préférable d’avoir plus d’un perroquet. Le grégarisme impliquant hiérarchie et règles à respecter en tant que membre d’une famille, le perroquet est donc capables d’apprendre des règles. En captivité, la première règle est de ne pas mordre et ne pas gruger ; il faut présenter jouets ou autres objets sécuritaires. Si les besoins sont brimés, les symptômes suivants apparaissent : angoisse, piquage, troubles obsessifs ou compulsifs.

Instinct de proie

Plus l’oiseau est petit, plus il est nerveux et se sent une proie facile. L’instinct de proie commande la fuite lorsqu’il y a danger (réaction sans réflexion) …gare à vous ! Empêcher de fuir en taillant les ailes est un problème souvent rencontré qui entraîne angoisse, névrose, voire même psychose, piquage, morsures, cris inutiles ; plus l’oiseau est gros, plus il crie fort et il peut être entendu jusqu’à 3 km. Il vaut mieux laisser voler à l’intérieur ou mettre un harnais et sortir les oiseaux à l’extérieur, ce qu’ils adorent. Il est important de savoir que les ailes taillées trop court ne repoussent pas ! Un perroquet qui vole défèque à l’atterrissage parce que s’il a à fuir il sera plus léger et habile. En captivité, s’il se promène et se pose sur les gens il faut le déposer au 10 minutes pour satisfaire ce besoin et …ménager les vêtements !

Instinct sexuel

Le perroquet vieillit et atteint sa maturité sexuelle : il se masturbe sur n’importe quoi …qui, plus souvent aux changements de saison où il y a augmentation du taux d’hormones. L’arrêter peut provoquer frustration, rage, attaque et morsure. Autre aspect de la maturité sexuelle : la femelle fait des nids et pond des œufs. Plus l’oiseau est petit et plus fréquente est la pondaison et plus il y a d’œufs. C’est l’instinct de proie qui commande de pondre davantage. Lorsque cet instinct est réprimé (enlever les œufs, défaire les nids), la femelle développe le syndrome de la pondeuse chronique. Cela peut entraîner chez-elle de la décalcification. En captivité, faire bouillir les œufs les remettre aux nids afin d’éviter de nouvelles pontes inutiles. Le perroquet en captivité peut donc se reproduire mais la mère, qui n’a pas appris des autres mères, ne saura pas comment nourrir son petit. L’humain-parent doit suppléer, à la seringue, à chaque heure, jour et nuit ; mieux vaut savoir ! Le sevrage prendra fin lorsque le perroquet pourra se nourrir par lui-même. Ce temps de sevrage varie d’un oiseau à l’autre.

Autres données intéressantes

Il existe environ 300 espèces de perroquets.

L’importation est interdite depuis 3 ans et on peut maintenant acheter des éleveurs d’ici.

Avant de s’engager dans l’achat d’un oiseau aussi complexe, il est fortement recommandé de suivre un cours portant sur tous les aspects : soins, élevage et éducation. L’éducation d’un perroquet peut prendre jusqu’à 5 ans, surtout pour les gros oiseaux. Tout comportement appris le sera après le début de l’âge de mentalisation, soit entre 9 et 14 mois. L’âge de mentalisation est l’âge où l’oiseau commence à comprendre qu’il est une proie et c’est à ce moment que doit commencer l’éducation. Comme on l’aura compris, les comportements changent, tels ceux d’un enfant, à mesure que ce bel oiseau vieillit.

Le Cacatoès peut vivre 100 ans et changer de famille jusqu’à 20 fois. Il vit le sentiment d’abandon à chaque fois, comme l’enfant qui change de famille d’accueil. C’est hélas le sentiment vécu le plus fréquemment car une famille garde son perroquet en moyenne de 4 à 5 ans.

Durée de vie

Gris et Amazone, 80 ans, Cockatiel, 25 à 35 ans, Perruche, 15 ans. Le Ara de Winston Churchill vit encore et il a 110 ans.

Coût

Le Cacatoès Alba peut coûter 2 500 $ et le Ara 2 500 $ à 3 500 $.


Lise Vaillancourt est la présidente de Refuge à fleur de plumes. Elle a fondé le concept de famille d’accueil pour trouver une famille d’adoption à ses protégés abandonnés.

Johanne Vaillancourt est la fondatrice (1980) du Centre Aviaire Johanne Vaillancourt. Elle est technicienne aviaire, a étudié en psychologie animalière, a écrit et publié des textes et des livres en français. Elle est la seule au monde à avoir recensé autant de comportements de perroquets. Elle a formé 6 personnes dont Jean-Luc Robichaud autorisé officiellement à présenter les cours de Johanne Vaillancourt. Il n’y a que 4 comportementalistes aviaires, dont Jean-Luc, pour l’Europe et l’Amérique.

Merci à Jean-Luc et Lise Vaillancourt pour cette soirée égayée par les envols et les discours de nos superbes invités spéciaux.

A la prochaine, Mado

Liens pertinents :

Jean-Luc Robichaud : www.educationperroquet.com tél : 514-354-0199

Centre Aviaire Johanne Vaillancourt : www.perroquet-perroquets.com tél : 450-291-3633

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