Bernaches du Canada, photo: © Pascale Piché

Le carnet de Mado

2008-10-21  « Drôles d’Oiseaux » par Jean Léveillé

Comme à l’habitude, M. Léveillé, médecin nucléiste, ornithologue et auteur, est un conférencier passionné et intarissable et son épouse Denise l’est tout autant. Cette passion pour les oiseaux le conduit à apprécier les nombreux guides côtoyés en dehors des circuits touristiques traditionnels. La planète devient leur monde et ils nous transmettent l’importance d’en prendre soin.

Des 10 000 espèces d’oiseaux dans le monde, il y en a 350 au Québec, quelle richesse ! Au-delà d’une vingtaine d’espèces de notre planète nous sont commentées avec des photos exceptionnelles. Puisque le livre magnifique Drôles d’oiseaux est disponible, je ne retiendrai que quelques oiseaux et caractéristiques particulières.

Le pigeon fut domestiqué très tôt. Il a joué un rôle important pour les superpuissances. Durant la guerre chaque aviateur avait son pigeon dans le cockpit et l’oiseau a contribué à sauver la vie de centaines de soldats. Il communiquait des renseignements et l’Agence Reuter est née avec 45 pigeons. Lors du siège de Paris en 1870, c’est un pigeon qui a porté l’annonce de la défaite de Napoléon. Un million de messages ont été ainsi transportés. Durant la dernière guerre, il y avait un Corps de Pigeons dans l’armée américaine, 34 000 pigeons entraînés par 3 000 soldats. Le Pigeon se déplace à 160 km/h sans être essoufflé grâce à plusieurs sacs-réservoirs d’air qu’il vide l’un après l’autre. Il nourrit ses petits de son propre lait. Deux cavités rattachées au gésier transforment l’apport sanguin en une laitance (comme du fromage cottage) grâce à une hormone propre aux mammifères, la prolactine.

Nous apprenons qu’il existe une mangeoire spécialisée pour le Cardinal rouge et que le premier à y venir a pris 6 mois à découvrir la méthode pour s’y nourrir, le deuxième a mis 3 mois et les petits, une journée. L’évolution existe aussi chez les générations d’oiseaux ! Des Grands Hérons, observés aux Lac des Castors à Montréal, attrapaient, rejetaient, se montraient et rejetaient à nouveau des poissons et la conclusion de l’étude fut que les hérons inventaient et s’adonnaient à des jeux. La Mésange à tête noire est décrite comme radieuse, espiègle, boute-en-train, ambassadrice de la joie de vivre, première aux mangeoires, et assidue, elle initie la plupart des nouveaux venus. Le Moqueur polyglotte maîtrise plus de 2 000 vocalises distinctes.

La Frégate met 20 minutes à gonfler une volumineuse poche gulaire couleur vermeille pour séduire une belle et le dégonflement, peut-être par dépit, s’effectuera en 60 minutes. La femelle Calao s’emmure littéralement dans la cavité d’un gros arbre et le mâle y apporte la terre et la vase nécessaires. Par la suite, elle pond, couve et passe de 12 à 15 semaines recluse avec ses petits pendant que le mâle ravitaille la marmaille, ce qui peut représenter 25 000 fruits pour une seule nichée. La Huppe Fasciée, oiseau emblématique prisé des pharaons, vole comme un papillon. Indira Gandhi, première ministre de l’Inde en fit cesser la tuerie.

Le Dendrocygne est un siffleur invétéré. Quand le groupe sent le danger, les oiseaux explosent en une envolée verticale bruyante et s’enfuient, bien sûr en sifflant. Le Ganga, l’oiseau citerne, vit en plein désert. Repère-t-il une marre d’eau, il s’y trempe l’abdomen (pas les ailes ni la queue ce qui alourdirait son vol) et il transporte ainsi l’eau à ses petits qui s’abreuvent aux plumes ventrales. Les Aras se déplacent tôt le matin par centaines et milliers. Pour neutraliser l’ingestion de fruits toxiques, ils cueillent de l’argile le long des falaises. Comment leurs ancêtres ont-ils découvert cela ? Mystère mystifiant !

Le Touraco au plumage rouge cuivré et vert doit maintenir en permanence un minimum de 20 mg du précieux métal dans son organisme, donc assez de turacine (rouge) et de turacoverdine (vert), extrait des petits fruits, pour maintenir sa robe aux couleurs exotiques. Ce n’est pas un problème puisqu’il s’offre 20 kg cette douceur tous les 2 ou 3 mois. Le Pic glandivore est friand de glands de chênes. Il en cueille une grand quantité et se sert des interstices libres des arbres comme garde-manger ; il fore aussi dans chaque arbre des cavités de réserve pour s’offrir ce met de choix à longueur d’année.

En terminant M. Léveillé nous propose une réflexion : La Terre n’est pas à nous, on la partage avec tout ce qui vit. Lire et entendre Jean Léveillé, c’est comme un poème !

Merci à Denise et Jean pour le partage de leur passion et merci au CIPS pour nous avoir aimablement hébergés lors de cette dernière activité spéciale du 25e anniversaire.

Mado

Références données par le conférencier :

Last Child in the Woods (saving our children from Nature-Defecit Disorder), Richard Louv

Intelligence dans la nature (en quête du savoir), Jeremy Narby, Editions Buchet.-Chastel

Les frontières de l’humain, Henri Atlan, Frans B.M. de Waal, Editions Le Pommier/cité des sciences de l’industrie.

Les Origines animales de la culture, Dominique Lestel, Editions Champs/Flammarion.

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