2009-08-26
Conférence du 22 janvier 2008 « Les rapaces en vol et leur identification » par Louis-Joseph Asselin
J’affûte mes crayons, je flatte mon cahier, je me prépare à voler haut ! Monsieur Asselin est un vrai passionné intérieur. Son approche technique, détaillée et intelligente, est celle d’un chercheur rigoureux.
Comment voulez-vous, en vol et à haute altitude, dit-il, reconnaître un oiseau par les critères traditionnels, couleur et motifs du plumage, couleur des yeux, présence de cercles péri-oculaires etc., cela est pratiquement impossible ! Mais ce qui « semble » plus facile à observer, c’est la forme de l’oiseau, la grosseur, l’amplitude et la posture des ailes ainsi que la manière dont il se déplace dans les airs. Brillant !, il fallait y penser, mais combien de patientes observations, dans l’immobilité et le guet, attentif au moindre détail, sont nécessaires pour y arriver ! Ainsi, en se concentrant sur ces derniers éléments on pourrait identifier l’oiseau. Ah, il y a loin de la coupe aux lèvres et que de détails à considérer, pas si facile que cela en a l’air en l’air !
Donc M. Asselin a beaucoup lu, étudié, fait des recherches et surtout a longuement observé les moindres mouvements du vol des oiseaux de proie. Il en résulte une présentation théorique dont je ne peux reproduire ici les schémas et les subtilités de position des ailes, étant donné l’abondance des détails techniques et aéronautiques. Mais tout de même, ne dit-on pas que la culture est ce qu’il nous reste quand on a tout oublié ? Et puis on peut aussi faire ses propres observations à partir de ce point de vue.
Pour identifier un oiseau il faut savoir quoi observer, quand et où pratiquer la meilleure observation. C’est ce qu’a réalisé notre conférencier : comment différentes parties de l’oiseau (corps, ailes, queue) se placent et se déplacent en vol pour s’ajuster aux vents, se laisser emporter par les thermiques et capturer une proie en vol ou freiner et la capturer presque au sol sans s’y écraser.
Chaque espèce a une façon de battre des ailes, adaptée à sa dimension, à sa physiologie, à son mode de vie et de chasse, aux types de proies qui constituent son alimentation. Les tactiques de chasse sont basées sur trois aspects : vitesse, agilité et effet de surprise. Les oiseaux ont un mécanisme inné de contrôle pour maintenir la stabilité du vol. Autrement dit, c’est la posture des ailes qui corrige l’instabilité et favorise la meilleure dépense/économie d’énergie. Ils ont des capteurs internes qui leur procurent la capacité d’estimer la vitesse et indiquent l’altitude. Les modèles aéronautiques sont copiés sur eux ; finalement, qui enseigne à qui ?
Quelques données :
• Si on est capable de compter les battements d’ailes, c’est un Épervier de Cooper.
• Plus l’oiseau est petit plus il y a de battements d’ailes.
• Les oiseaux de proie juvéniles ont la surface de la queue plus grande pour faciliter l’apprentissage du vol et la capture des proies en vol.
• La vitesse des pattes à l’impact est de 81 km/h chez l’Autour des palombes et de 41 km/h chez l’Épervier de Cooper.
• Une thermique est un courant d’air chaud qui monte. L’Urubu peut monter jusqu’à 1 950 m d’altitude.
• Une descente en glisse rapide est dite en flèche.
• Les turbulences sont des mouvements d’air qui peuvent être en tourbillons. Les oiseaux ne s’y engagent pas.
• Un vortex est un mouvement en spirale (créé par un fluide en mouvement, Larousse) ici, créé par les ailes de l’oiseau et qui lui procure un effet hyper-sustentateur.
• Le dièdre (ailes relevées en V) positif corrige l’instabilité tandis que le dièdre (ailes en V inversé) négatif permet la manoeuvrabilité face au vent et à l’atterrissage.
Vivre l’impression de n’avoir rien retenu, vu la générosité des données, peut frustrer ou bien peut attirer l’attention sur une façon d’observer et piquer la curiosité suffisamment pour pratiquer l’identification des oiseaux de proie d’un angle différent et/ou nouveau : épaule, poignet, main ! À nous de choisir l’angle de réception du message.
Je ne cite ici que trois références. Telle fut la générosité de la conférence, telles sont les références fournies par M. Asselin. Vous les retrouverez intégralement sur le site du club.
« Le guide des rapaces diurnes », Benny Génsbol, le meilleur en français (Bibliothèque Nationale)
« Hawks in flight », Peter Dune, David Sibley et Clay Sutton
Photographies d’ailes d’oiseaux, http://www2.ups.edu/biology/museum/wingphotos.html
Merci à M. Asselin pour avoir partagé généreusement le fruit de ses patientes observations.
A la prochaine, Mado
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