Bernaches du Canada, photo: © Pascale Piché

Le carnet de Mado

2009-08-26  Conférence du 19 mai 2009 « Les chants d’oiseaux »

Notre conférencier Denis Henri, naturaliste pour la SÉPAQ des parcs du Mont-Saint-Bruno et des Îles-de-Boucherville, nous informe qu’il y a différents types de chants dont certains sont très complexes, par exemple ceux du Roselin familier, Bruant chanteur, Chardonneret jaune et Moqueur polyglotte qui peut imiter 15 chants ou plus. Il faut distinguer entre chant et cri. Chaque oiseau peut avoir un grand répertoire de cris tandis que le patron des chants peut-être semblable.

Pourquoi les oiseaux chantent-ils ? Pour délimiter et défendre un territoire, en faisant le tour et disant aux autres oiseaux « c’est mon terrain ». C’est donc un son de guerre. Dans presque 100 % des cas, c’est le mâle qui chante pour attirer la femelle sur son terrain. Le même chant peut servir à délimiter le territoire et à attirer la femelle. Une fois le couple formé, le chant aide à renforcer le lien du couple ...tout en sachant que la fidélité est saisonnière !

L’organe du chant est la syrinx située à l’embranchement de la trachée et des bronches. Les membranes tympaniques sont reliées à des muscles et peuvent faire produire plus d’un son à la fois. La syrinx est propre à l’espèce. Quand l’oiseau apprend à chanter, il doit pratiquer pour raffiner son chant : chant joli, musical, sifflé et souvent complexe comme celui du Merle d’Amérique, du Pioui de l’Est, chant moins musical, plus sec comme celui des Corvidés. En plus de son chant, le Moqueur chat produit un cri tel un miaulement. Le Colibri émet des petits cris aigus mais ce qu’on perçoit le plus c’est le vrombissement des ailes. Le cri est produit par le mâle, la femelle, le jeune tandis que le chant est généralement l’affaire des mâles. Les premiers mâles qui arrivent avec beau chant fort et clair ont plus de chance dans le choix des terrains ; par la suite, c’est la femelle qui choisit le mâle entre autres grâce au chant du prétendant !

Les chants connaissent des variations. Variations saisonnières lors de la délimitation du territoire et de la formation du couple ; le chant connaît une diminution quand les femelles couvent et par la suite quand les œufs éclosent. À partir du 15 juillet, les chants sont presque nuls. En août, septembre, octobre, les oiseaux recommencent à chanter pour se regrouper et pour se nourrir, mais sans bagarre cette fois. Des variations ont aussi lieu à l’intérieur d’une journée : chants accentués avant le lever du soleil, diminution vers la mi-journée, augmentation avant le coucher du soleil et diminution après le coucher du soleil. Les oiseaux nocturnes émettent cris (son nasillard de la Bécasse à la tombée de la nuit), vrombissement (Engoulevent d’Amérique) et hululement (Grand-duc d’Amérique).

À quoi servent les chants d’oiseaux pour nous les humains ? À indiquer la présence d’un oiseau, bien sûr, à reconnaître un oiseau avant de le voir lorsqu’il y a beaucoup de feuillage et de hautes herbes, à déterminer une espèce car plusieurs oiseaux se ressemblent mais leur chant respectif diffère (Moucherolle des aulnes et Moucherolle des saules).

Quelques bons trucs pour reconnaître les chants d’oiseaux :

Associer le chant à un son connu (Geai bleu, poulie de corde à linge)

Associer à une onomatopée (Cardinal, son sifflé, tsiu-tsiu-tsiu piou-piou-piou-piou)

Placer les notes sur une portée ou associer une phrase (Bruant à gorge blanche, Où es-tu Fréderic, Frédéric, Frédéric)

Qualifier le son, par exemple son triste et mélancolique (Tourterelle triste ; notons par ailleurs qu’elle est nommée ainsi à cause du point sur la joue qui ressemble à une larme et non à cause de la qualité du son ce qui n’empêche pas la coïncidence) ou encore son tambouriné, irrégulier mais rythmé (Pic maculé, seul pic dont on peut compte les tocs du tambourinage).

Il y a des trucs classiques décrits dans les guides. On peut toutefois développer ses propres repères, ce à quoi Denis nous convie à l’aide d’une grille. L’endos de cette grille comporte aussi des questions, (Connaissez-vous un oiseau qui chante en plein vol ? Pluvier Kildir, entre autres) ; Connaissez-vous un oiseau qui ne chante pas ? Urubu à tête rouge).

Merci à Denis pour la transmission des connaissances à l’intérieur d’une soirée stimulante et divertissante.

Bonnes vacances et bonne oreille en plus de bon pied, bon œil !

Mado

Suggestions de Guides sonores

Les sons de nos forêts, (CD et livre) narrateur Pierre Verville, Éditeur CCFA, 1991

Les oiseaux de nos jardins et de nos campagnes

Une journée chez les oiseaux (CD), Pierre Morency, Éditions Multi Mondes, 2004

Chants d’oiseaux du Québec et de l’Est de l’Amérique du Nord, narration Alain Zouvi, Éditions Broquet, 2004

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