Bernaches du Canada, photo: © Pascale Piché

Le carnet de Mado

2008-11-20  Séjour à l’Île aux Basques

Marielle Rivest-Côté, Lucille Cournoyer et Louise Duchesne nous racontent l’expérience ornithologique de neuf de nos valeureux membres à l’Île aux Basques, refuge d’oiseaux migrateurs. Leur séjour, 6,7 et 8 juin, est commenté avec le support d’un diaporama de Louise Duchesne et de photos de Francine Ouellet, Mario Cloutier, Lucille Cournoyer et Reine-Marie St-Germain

L’île doit son nom aux pêcheurs basques qui venaient chasser le phoque, le marsouin et la baleine ainsi que faire la traite avec les Amérindiens entre les années 1580 et 1630. Cette île de 2 km de longueur et d’un peu moins de 1 km de largeur est située dans l’estuaire du Saint-Laurent à 4 km au large de la ville de Trois-Pistoles. L’ile, en majeure partie boisée, avec un pré à une extrémité, un petit étang d’eau douce au centre ainsi que des marais salins en bord de mer, est la propriété de la Société Provancher depuis 1929. Léon Provancher était un prêtre, naturaliste et écrivain aux intérêts scientifiques multiples. Le site reçoit le statut de lieu historique national du Canada le 5 juillet 2001. Plusieurs fouilles archéologiques y ont lieu au fil des ans.

On accède à l’île par un petit bateau, le Léon Provancher bien sûr, lors de la marée haute.

Sur l’île, pas d’électricité et pas d’eau courante, l’eau y est amenée par bateau. Trois chalets rustiques et propres offrent 28 places avec toilette sèche extérieure, poêle à bois, éclairage et frigo au gaz propane. Voici le décor planté ! Polars à capuchon et anoraks sont de rigueur, surtout qu’il pleut. Tout un dépaysement pour que le séjour prenne le nom d’expédition et qu’au propos scientifiques s’ajoute rapidement une partie de plaisir, le bon vin et le porto aidant en fin de journée ! Les repas à diversité réduite, pâtes, patates, pains et tites boulettes sont préparés en collégialité. L’inspiration-phare de ce voyage est plaisir, partage, passion.

Que ce soit dans la forêt boréale, le pré, l’étang, les marais ou sur les rochers de bord de mer, la nature offre une beauté, un silence et une diversité d’espèces qui réjouissent l’œil, le cœur et l’âme. Érablière de bouleau jaune, aulnaie, cédraie, sapin baumier, épinette blanche, claytonie de Caroline, graminée, fougère, quatre-temps, potentille ansérine, quenouille, oursin de mer, varech, nombreux insectes, couleuvre, amphibien, mammifères terrestres et marins, béluga, phoques gris, du Groenland et à capuchon, voilà pour l’observateur. L’avifaune y est abondante avec 239 espèces d’oiseaux observées à date dont Canard, Râle de Virginie, Héron, Bécassine, Foulque, Butor d’Amérique, Paruline masquée et jaune, Tyran tritri, Pic flamboyant. En plus de quelques mammifères marins, nos amis observent 53 espèces d’oiseaux, entre autres Pygargue à tête blanche, Grand Héron, Balbuzard pêcheur, Plongeon huard, Goéland marin et argenté, Grive fauve, Moucherolle des aulnes, Paruline masquée, Bruant à gorge blanche, Bruant chanteur, Eider à duvet.

Ce dernier est sans contredit la vedette de ce site enchanteur à l’allure un peu mystérieuse. L’Eider à duvet, jadis nommé Moyac de son nom Montagnais, niche régulièrement en colonie de 10 000 oiseaux et plus. C’est le plus gros canard marin de l’hémisphère Nord, poids entre 850 g et 3025 g. Le plumage atteint le stade adulte vers l’âge de 3 ans. Béni soit ces oiseaux dont les plumes isolent si bien nos manteaux ! L’Eider peut vivre une vingtaine d’années, l’une des plus grandes longévités observées chez les canards de mer. Des sons différents sont émis si l’adulte pressent un danger ou pour défendre ses cannetons contre les prédateurs (Goéland, Mouette, Corbeau, Corneille, Labbe). Ce sont des oiseaux grégaires. La femelle se reproduit à la deuxième année, un œuf par jour jusqu’à 4 à 5 œufs ; le mâle ne s’accouple pas avant 3 ans. La couvaison des oeufs par la femelle est de 26 jours et 50 % à 70 % des œufs éclosent. Caractéristique unique, les jeunes Eiders à duvet bénéficient des soins des « tantes » qui sont des femelles non-nicheuses. Elles se rassemblent autour des nids pour aider les mères et accompagnent les jeunes à l’eau pour les protéger contre les prédateurs. Fait à noter, les nouveau-nés couverts de duvet quittent le nid dans les 24 heures après l’éclosion et se nourrissent par eux-mêmes. Moins d’une heure après être entrés dans l’eau ils savent plonger mais ils ne voient pour la première fois qu’à 60 jours. Cela force l’émerveillement de la perfection de la vie ! Les Eiders se nourrissent pendant la journée en plongeant de 3 m à 20 m pour recueillir moule, pétoncle, oursin, crabe et étoile de mer.

Je termine sur ce ciel de mer ! Plusieurs détails fort intéressants de cette présentation sont omis ici faute d’espace, à nous de compléter notre recherche. Nous remercions les 9 explorateurs, les présentatrices et Lucille l’organisatrice du séjour. Votre performance est à souligner, présentation agréable et joyeuse, magnifiques photos qui illustrent tant l’action que la méditation sur le quai. Vous nous avez littéralement amenés avec vous !

Mado

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