Bernaches du Canada, photo: © Pascale Piché

Le carnet de Mado

2007-03-05  Conférence du 20 février 2007 "Les nids d'oiseaux" par Denis Henri, guide-parc et technicien de milieu naturel pour la SEPAQ.

Rappels :

SÉPAQ : Société des établissements de plein air du Québec

La conservation des oiseaux de proie relève d’une loi fédérale. La conservation des oiseaux migrateurs relève d’une loi provinciale

Dans la première partie de la soirée, Denis campe les nids par des diapositives explicites. Dans la deuxième partie, avec l’aide de la Clef d’identification des nids, les participants sont invités à identifier 20 nids.

La Clef d’identification des nids est un outil américain, modifié pour notre pays et notre région « pour les espèces d’oiseaux les plus répandues dans la région de Montréal ». Cet instrument permet l’identification de 11 types de nids. Chacun comporte des sous-types, menant à plus de précision dans la description : grosseur, forme, emplacement, hauteur, composition des nids, habitat, occupant.

Les oiseaux n’ont jamais vu leurs parents construire le nid et pourtant ils y arrivent grâce à l’instinct. Parfois, quelle construction délicate peuvent-ils faire seulement avec leurs becs ! Qui a dit « cervelle d’oiseaux » ne s’est jamais arrêté à l’ingéniosité et au sens inné de la construction de nos amis les oiseaux en vue de perpétuer l’espèce !

Pourquoi les oiseaux construisent-ils un nid ?

Se protéger contre les prédateurs

Se protéger contre les intempéries : chaleur, pluie, vent

Permettre l’incubation.

Certains oiseaux ne construisent pas de nid

Le Vacher à tête brune, par exemple, utilise sans vergogne un nid tout fait, clé en mains dirons-nous ! Lucille me chuchote « des vrais petits bougons » ! Qui plus est, les propriétaires du nid emprunté doivent parfois couver « les œufs visiteurs ».

Chouettes et hiboux, crécerelle ainsi que toutes les espèces de faucon (émerillon, gerfaut, pèlerin) utilisent des nids tout faits. Les parulines peuvent parfois construire quatre étages de nid parce que d’autres oiseaux ont tenté successivement d’y établir domicile.

Taille d’un nid

Les plus gros nids sont ceux des Pygargue à tête blanche. Chaque année des branches y sont ajoutées. Aux USA, on a évalué un nid à deux tonnes.

Le Colibri fabrique le plus petit nid duveteux et extensible, ne recevant généralement que deux œufs minuscules, gros comme une petite fève ...sans le lard !

Les nids sont-ils réutilisés d’une année à l’autre ?

Généralement non, à cause des fientes laissées ainsi que des parasites subsistant en sourdine. Durant l’hiver leur cœur arrête de battre, la diapause ; en zoologie : période de ralentissement ou d’arrêt dans l’activité ou le développement de certains insectes pouvant être soit saisonnière soit durer plusieurs années (Larousse).

Combien de temps est employé pour construire le nid ?

Environ trois jours pour confectionner l’extérieur et trois autres jours pour la finition et la décoration d’intérieur. Par ailleurs l’occupation des nids dure de 1 à 1 ½ mois, de mars à juin, selon les espèces d’oiseaux.

Matériaux utilisés

Boue, terre, glaise, branches et brindilles, écorces, foin et paille, petites racines, grosses ramilles, brins et touffes d’herbe, peau de couleuvre, cellophane, crin, papier, feuilles mortes, et du matériel plus duveteux : quenouille, brin d’asclépiade (petit cochon), chaton du peuplier (semence), mousse, laine, poils, plumes et toute substance que leur génie leur dicte.

Formes adaptées à leur besoin spécifique

Sphérique ou non, en soucoupe ou en forme de blague à tabac, à plat entre l’arbre et l’écorce,

en plate-forme légèrement creusée ou en coupe profonde, légèrement triangulaire, avec des ouvertures de différentes grandeurs et de différentes localisations (dessus ou de côté).

Habitats

Champs, marais, forêts, villes et campagnes. Dans ces lieux les nids peuvent être sur le sol, dans un terrier, creusé dans le sol, au-dessus du sol dans un arbre, un arbuste sur une falaise ou sur le mur d’un édifice, dans des troncs d’arbres.

Jeu d’identification des nids d’oiseaux

Les différents nids, au nombre de 20, sont étalés sur les tables. Ils sont numérotés et ont une mention spécifiant quelques caractéristiques propres à chacun. Il n’y a qu’à bien se servir de la clef d’identification. Voilà le truc : qu’est-ce que veut dire ramilles ? Lichen, cela à l’air de quoi ? Combien mesure l’ouverture ou la profondeur ? En mm ou cm ? Là réside la beauté du jeu ! La définition des termes est importante. Le temps imparti ne permet d’en identifier que quelques-uns pour la majorité des participants.

Et puis, Denis reprend les nids un à un et écoute notre verdict : quelques erreurs d’interprétation des termes et plusieurs bonnes réponses. Bravo ! Nous avons fait notre devoir avec plaisir en nous initiant à l’utilisation de La clef d’identification.

Les nids examinés

Grive des bois, Paruline bleue, Viréo aux yeux rouges, Oriole de Baltimore, Chardonneret jaune, Pioui de l’Est, Tourterelle triste, Carouge à épaulettes, Paruline noire ou à tête cendrée, Colibri à gorge rubis, Pluvier kildir, Paruline jaune, Pic mineur, Hirondelle rustique, Merle d’Amérique, Quiscale bronzé, Merle bleu de l’Est, Moucherolle phébi, Mésange à tête noire, Hirondelle bicolore.

Grand merci à Denis Henri, pour cette conférence fort animée de l’énergie de Denis, de ses connaissances et de sa passion.

Téléphone (inscrit dans le document) : 450-653-0343

Courriel : henri.denis@sepaq.com

Bibliographie : Harrison, Hal. H. A Field Guide to Birds’Nests, The Peterson Field Guide Series no. 21, Houghton Mifflin Company, Boston, 1975, 257p.

A la prochaine, Mado

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